Témoignages : sevrage
"Eh bien voilà, cela devait arriver : Nathan ne tète plus...
Mon fils n'a jamais été un grand téteur. Nouveau-né, il dormait beaucoup et je devait même le réveiller pour le mettre au sein. Il a très vite espacé les tétées et fait ses nuits et à trois mois, il ne tétait plus que 4 fois par jour : matin, midi, gouter et soir. Je dois signaler que ces bébés-là sont très rares, la "normalité" chez un nouveau-né allaité est plutôt de l'ordre de 8 à 12 tétées par 24h (votre bébé de 2 mois tète 10 fois par jour ? Oui, c'est normal). Bref, j'ai un bébé hors norme. Bien sûr, s'il était malade (ce qui est très fréquent chez un bébé gardé en crèche collective !), il se réveillait à nouveau pour téter et repassait aussi allègrement en allaitement exclusif en cas de gastro par exemple.
D'une certaine façon, le sevrage a commencé assez tôt. Vers 1 an, Nathan s'est désintéressé de la tétée du gouter. Il tétouillait plus qu'autre chose, faisait autre chose en même temps, une fois il a même tété jusqu'au réflexe d'éjection et est parti jouer. Pendant les vacances d'été, j'ai cessé de lui proposer cette tétée et il ne l'a plus réclamé. On appelle cela sevrer selon la méthode "ne pas refuser, ne pas proposer non plus". Cela dit, je lui proposait quand même les jours où il était grognon, mal fichu et quand il se faisait mal.
Je ne me souviens pas vraiment comment la tétée du midi a disparu. Il tétait juste avant la sieste, je crois qu'il a commencé à réclamer son lit sans demander à téter et je ne lui ai pas proposé non plus. Cela s'est fait comme ça, s'il demandait je la lui donnait mais il a très vite cessé de la demander.
A 2 ans, Nathan ne tétait donc plus que matin et soir. Vers 27 mois, il a commencé à réclamer des histoires au lieu de la tétée du soir. Cela m'arrangeait car cette tétée-là commençait à me peser. Et puis, alors je croyais la disparition de cette tétée acquise, des problèmes de coucher sont venus se greffer là-dessus. Il s'est mis à ne plus vouloir aller au lit le soir, réclamait histoire sur histoire puis tétée sur tétée, tétées que je n'avais pas envie de lui donner. Il y a donc eu une période très difficile, avec des cris et des larmes, c'est une période dont je ne suis pas fière. Je ne savais pas vraiment où j'en étais dans mon allaitement, j'étais tiraillée entre mon désir de supprimer cette tétée du soir et l'idée qu'il en avait encore besoin. En fait, c'est le jour où j'ai réalisé que j'étais vraiment prête au sevrage que cela s'est résolu : un soir, j'ai clairement dit à Nathan que je ne voulais plus lui donner de tétée le soir, que je pouvais lui lire une histoire, lui chanter une chanson, lui faire un câlin, mais plus de tétée. Étrangement, il l'a parfaitement accepté et a cessé de la réclamer. Les problèmes du coucher se sont résolus pratiquement en même temps de la façon suivante : plutôt que de lui lire les histoires dans sa chambre, où tous ses livres sont accessibles, on en choisissait deux ou trois que l'on allait lire dans mon lit puis on éteignait la lumière et il s'endormait avec moi, je le remettait dans son lit plus tard. C'était en Novembre 2004 et Nathan avait 28 mois.
Ne restait donc plus que la tétée du matin. Les vacances de Noël sont arrivées, nous avions deux semaines. Après les fêtes de famille, nous avions un peu plus d'une semaine tous les trois à la maison. Nathan a commencé à oublier la tétée du matin, surtout si c'était moi qui le levait. Quand nous avons repris le travail (et Nathan la crèche),j'ai donc dit à son père : "s'il ne réclame pas le matin, ne me l'amène pas pour la tétée, on va voir ce qu'il se passe." . Progressivement, Nathan a cesser de réclamer la tétée du matin et mi-janvier il ne tétait plus, il avait 2 ans et demi. Il a réclamé une tétée à nouveau plus d'un mois, à l'occasion d'une réunion LLL. Je lui répondu qu'il ne tétait plus et que je n'en avais pas envie, il n'a pas insisté.
Quand j'étais enceinte, si on m'avait dit que j'allaiterai mon bébé deux et demi, je ne l'aurais jamais cru. Cela peut paraitre long mais je n'ai pas vu le temps passer et je ne regrette rien. Je suis au contraire très heureuse que mon fils se soit sevré à son rythme, quand il était prêt et l'allaitement maternel nous a beaucoup apporté à tous les deux (et au papa aussi !)."
Shadow
Pour poursuivre ce chapitre sur les témoignages de sevrage, voici l'expérience que Loo avait raconté sur le forum de monallaitement.com, suivie de la réponse donnée sur ce même forum par Xavière.
"Mon fils a été allaité à 100% pendant 7 mois, et en tout pendant 10 mois (et 2 jours) au sein + 1 mois par ci par là au sein + en tirant mon lait. Je vous fais le détail (en gros hein) :
- Contexte : je suis restée à la maison (CPE sans solde) jusqu'à son 16ème mois, il n'a jamais vu un biberon ni une tétine ni un bib de lait industriel, toujours allaité à la demande, jamais laissé patienter ni pleurer, pas de nouvelle grossesse, ni de désir de nouvelle grossesse, pas de parfum (jamais mis et je n'en mets toujours pas d'ailleurs) ou de coupe de cheveux..., papa fier de notre allaitement et excellent soutien tout comme nos familles, amis et médecin (oui je sais je suis une veinarde ;o)); bref : climat trèèèèèèèèèèèèèès favorable (et moi hyper motivée ;o))).
- Vers ses 8 mois 1/2 il s'est mis à vouloir marcher en se tenant aux meubles (debout à 7 mois) et il a également commencé à moins réclamer et à diminuer le nombre de tétées. En gros, au lieu de téter 30min (il a toujours pris son temps), il tétait 10 minutes, puis se redressait pour un câlin, puis hop hop il partait à l'aventure.- Il réclamait de moins en moins souvent, j'ai toujours allaité à la demande tout en lui proposant aux moments habituels (siestes, dodos, repas, câlins) : il prenait 2 gorgées et c'était bon.
- Ensuite la tétée de sieste est devenue inutile : il réclamait son lit, et s'allongeait dès que je l'y installais, après un câlin et une caresse sur les cheveux (et un "je t'aime mon bébé" )))))))). - Vers ses 9 mois 1/2 il tétait environ 2 fois par jour.
- Vers son 10ème mois il tétait environ 2 ou 1 fois par jour (le matin au réveil, quel délice pour tous les 3 ce câlin dans le lit !), l'endormissement du soir se passait sans tétée, et pas de réveils nocturnes.
- Puis il n'a plus réclamé, ou alors une fois comme ça de temps en temps.- J'ai continué à tirer mon lait car je n'avais aucun problème de production, histoire qu'il bénéficie encore de mon lait et je lui donnais au verre (ou à la paille parce que c'est rigolo).
- Ma production s'est vraiment adaptée à la diminution de sa demande, puis avec un tire-lait forcément la stimulation n'est pas la même (surtout que je m'en étais servi très rarement auparavant), je n'ai eu aucun problème d'engorgement.
- Mon fils a pris sa dernière goutte de mon lait (je ne sortais vraiment plus grand chose au tire-lait) vers ses 11 mois (un peu avant).
Pendant ces 2 mois et quelques, j'ai appelé plusieurs fois la LLL et solidarilait car je pensais à une grève de la tétée, ou à un problème de santé (muguet ? intolérance ? allergie ?) et les personnes qui m'ont répondu m'ont expliqué que cela arrivait avec les enfants "curieux" et "un peu en avance" au niveau moteur (je ne dis pas que les enfants qui sont allaités plus longtemps ne sont pas curieux ou sont en retard, j'espère que tout le monde comprend bien le sens de ces mots mis dans ce contexte exprès entre guillemets ?), que parfois les enfants se sevraient en même temps qu'un gros progrès, ce qui semblaient bien être le cas de mon fils. J'ai également contacté ma sage-femme et je l'ai invitée un dimanche observer mon fils pendant près de 4h (on a pris le thé, moment super sympa) et elle a conclu qu'il tétait très bien, qu'il avait l'air en pleine forme, et qu'effectivement mon fils était en train de "se sevrer".
Voilà donc comment mon fils a tourné avec sa propre main la page du chapitre "Allaitement" de notre histoire. Il m'arrive parfois de la lui "relire" quand on voit un bébé téter. Aujourd'hui, c'est le pro des câlins, et quand l'enfant que je porte sera parmi nous, mon fils aura mon lait, au verre, mais mon lait !"
Loo
"C'est très émouvant Loo ! Oui je crois aussi que le sevrage naturel peut se produire très tôt chez certains enfants même si c'est rare, il peut aussi se produire très tard chez d'autres enfants même si c'est rare aussi, on ne peut pas mettre les enfants dans un moule ! Je crois qu'on reconnait un sevrage naturel à la sérénité dans laquelle il se fait pour maman et bébé !
Mais c'est vrai que c'est important de donner le repère de 2/4 ans pour que les mamans sachent que c'est normal d'allaiter au delà d'un an car c'est si rare de ce côté ci de la planète !"
Xavière
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