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Allergies et régimes d'éviction



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Introduction



Un bébé allaité peut être allergique. Même s'il est déroutant et culpabilisant de savoir que son propre lait peut sensibiliser et faire réagir son enfant, il n'en reste pas moins que c'est l'aliment et le soin le mieux adapté. Vous pouvez tout à fait poursuivre l'allaitement en supprimant de votre alimentation l'aliment responsable des réactions.
Les réactions déclenchées par la consommation d'un aliment peuvent être très variées : allergies, réactions croisées, atopie, intolérance. Toutes ces réactions peuvent parfois se cumuler entre elles et faire apparaître une panoplie de symptômes, d'où la grande difficulté d'établir un diagnostique clair. L'allergologie est une science empirique qui repose essentiellement sur l'observation des symptômes et l'écoute du corps pour mieux repérer les réactions.
Ce dossier vous permettra d'y voir plus clair dans les méandres des réactions alimentaires et de vous guider dans le traitement par régime d'éviction et la diversification alimentaire de votre bébé. De nombreux liens vous permettront d'accéder à des informations plus précises ou plus larges.
Bonne lecture.

Ce dossier est un guide qui ne se substitue absolument pas aux avis médicaux.

Rédaction : Fanny Duhem (alias fanette) avec l'aide d'Anne Brocard (alias lutin malin).
Dernière mise à jour : mai 2009.
Remerciements : programme des Référents Médicaux de LLL France.
Références :
  • AFSSA, "État des lieux des allergies alimentaires" 2002.
  • PNNS "Allergies alimentaires".
  • La Leche League France.
  • "L'art de l'allaitement maternel" édition Ligue La Leche 2005.


Notions Générales



Sources :


L'allergie alimentaire



L'allergie alimentaire est une réaction immunitaire excessive du corps suite à la consommation d'un aliment.

Notre système immunitaire réagit habituellement contre des éléments étrangers (bactéries, virus…) pour les éliminer. Mais parfois la consommation d'aliments habituellement inoffensifs peut être, chez certaines personnes, à l'origine de réactions immunitaires dont les conséquences donnent lieu soit à des symptômes gastro-intestinaux, soit à des symptômes cutanés ou encore respiratoires. Une allergie alimentaire se décompose en deux phases (cf doc AFSSA page 9) : une phase de sensibilisation (invisible et sans aucun symptôme) puis une phase de réaction qui ne se déclenche que lors du contact suivant avec l'aliment, même si celui-ci intervient beaucoup plus tard. Ce sont les protéines contenues dans les aliments qui provoquent la sensibilisation et la réaction allergique. Ces protéines allergisantes sont appelées allergènes ou trophallergènes dans le cas précis d'une allergie alimentaire (cf doc AFSSA page 18).

Même s'ils sont allaités, certains bébés peuvent se sensibiliser et développer des allergies, car les protéines des aliments passent dans le lait maternel. En aucun cas il ne s'agit d'allergie au lait maternel proprement dit. La mère peut tout à fait poursuivre l'allaitement sans risque pour la santé du nourrisson, en supprimant par un régime d'éviction l'aliment responsable.

L'allergie alimentaire n'est pas héréditaire. On n'hérite pas d'une allergie à un aliment particulier. Toutefois, on peut hériter d'un terrain allergique. C'est le cas de l'atopie. C'est une prédisposition héréditaire à se sensibiliser à certaines substances de l'environnement (alimentaires, respiratoires ou cutanées) et à développer des réactions allergiques, souvent plusieurs à la fois. Il est cependant possible d'être atopique sans pour autant développer d'allergie. La plupart des enfants atteints d'allergie alimentaire présentent un terrain atopique.
--> Plus d'informations sur la dermatite atopique - AFPADA

N'importe quel aliment, même en très petite quantité peut déclencher une réaction. Une seule rencontre avec l'aliment peut suffit parfois (fruit exotique par exemple) ou à l'inverse à force de le consommer très régulièrement (allergie au riz fréquente au Japon). L'allergie alimentaire peut apparaître à tout âge, mais elle reste plus fréquente chez l'enfant, particulièrement la première année favorisée par l'immaturité de son système immunitaire. L'allergie peut avoir des répercussions graves sur la santé. Elle peut parfois entraîner la mort (choc anaphylactique, des cas de mort subite du nourrisson ont été rapportés).
--> Évolution des réactions allergiques en fonction de l'âge (doc AFSSA page 24).

On distingue plusieurs mécanismes immunologiques impliqués dans les allergies alimentaires :
  • L'hypersensibilité de type I (à réaction immédiate, impliquant les IgE ou IgG4).
  • L'hypersensibilité de type II (aux mécanismes cytotoxique et cytolytique).
  • L'hypersensibilité de type III (à réaction semi-tardive, impliquant des complexes immuns IgG ou IgM).
  • L'hypersensibilité de type IV (à réaction retardée, impliquant une médiation cellulaire par lymphocytes T).

-- > [url=http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pediatrie/diarrhees_chron.htm#3.2]Tableau des mécanismes et réactions immunitaires[/url] (chapitre 3.2.2)

Les réactions de type I sont les plus fréquentes (dont l'atopie). Elles représentent 85% des allergies alimentaires. L'hypersensibilité de type II intervient très rarement dans l'allergie alimentaire. Les réactions de type III nécessitent souvent des stimuli répétés pour apparaître. Elles peuvent théoriquement intervenir vis-à-vis des aliments et ont été anciennement décrites dans l'allergie aux protéines de lait de vache. L'hypersensibilité de type IV est impliquée dans l'intolérance au lait de vache et jouerait un rôle dans la dermatite atopique du nourrisson (cf doc AFSSA page 11). Ces différents mécanismes peuvent parfaitement intervenir ensemble ou de manière échelonnée, ou s'entrecroiser.
--> Définitions des termes "allergie", "hypersensibilité", "intolérance".


L'intolérance alimentaire



Par opposition à l'allergie, l'intolérance alimentaire est définie comme étant une réaction non immunologique suite à la consommation d'un aliment. Elle présente des symptômes similaires à ceux de l'allergie, mais ses mécanismes sont différents.

On distingue plusieurs formes d'intolérance alimentaire :
  • Les fausses allergies alimentaires encore appelées pseudo-allergies ou réactions pharmacologiques. Elles comprennent les réactions à l'histamine ou à la tyramine, provoquées par certains aliments (chocolat, fraise, tomate, poissons, fromage...) engendrant généralement des urticaires et des migraines. Elles comprennent aussi les réactions aux additifs alimentaires (colorants, sulfites, arômes tels que la vanilline, glutamate de sodium qui est responsable du syndrome du restaurant chinois) qui peuvent provoquer de l'urticaire, de l'asthme ou des réactions anaphylactiques, ainsi que intolérance au nickel.
  • Les déficits enzymatiques non immunologiques (intolérance au lactose par déficit de lactase, phénylcétonurie, galactosémie, favisme...) qui sont pour la plupart congénitaux et assez rares.

--> Liste rouge des additifs alimentaires dangereux.
--> Liste et composition de tous les additifs alimentaires .
--> Plus d'informations sur l'intolérance alimentaire (chapitre G diagnostic différentiel).

D'autres pathologies peuvent aussi engendrer des intolérances alimentaires :
  • L'atopie peut induire l'apparition d'intolérances (nickel, lanoline, laine, huiles essentielles, soie, cuirs, parfums...).
  • Le syndrome de malabsorption, le colon irritable, la porosité intestinale, la dysbiose intestinale, les MICI (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique), la maladie coeliaque*IV8 engendrent souvent une intolérance au lactose.
  • Certaines maladies auto-immunes (maladie coeliaque*IV8, thyroïdite, sclérose en plaque...) peuvent être le lit intolérances alimentaires.
  • Des infections chroniques ou répétées (rhinopharyngites, bronchites, otites, un reflux gastro-oesophagien RGO, infections urinaires...) ou une maladie infectieuse importante, peuvent déprimer le système immunitaire et donc engendrer des intolérances.
  • Une intoxication aux métaux lourds (mercure, plomb, plombages dentaires...)
  • Une carence chronique en magnésium et en certains autres oligoéléments.
  • Une mycose digestive peut provoquer des intolérances alimentaires et d'autres formes d'intolérance (aux parfums, produits de nettoyage, odeurs de peinture ou d'essence, fumée de cigarette, anesthésiques locaux, soleil). Le développement du Candida peut aussi engendrer certaines allergies. Il peut parfois s'exprimer sous forme de mycose mammaire chronique durant l'allaitement.


L'intolérance alimentaire peut causer des manifestations désagréables, mais plus rarement des effets mettant la vie de la personne en danger. Dans ses formes chroniques, elle peut avoir des conséquences graves sur la santé (malabsorption, carences, retard de croissance...).


Symptômes d'allergie et d'intolérance alimentaires



Une grande variété de symptômes peut subvenir après l'ingestion d'un aliment. Qu'il s'agisse d'allergie ou d'intolérance, ils peuvent toucher différentes parties du corps : la peau, le système respiratoire, le système digestif ou les 3 à la fois (anaphylaxie).

Voici la liste non exhaustive des symptômes qui peuvent apparaître après l'ingestion d'un aliment :
Réactions cutanées : eczéma, dermatite atopique, urticaire, érythème péribuccal, oedème des lèvres et de la langue.
Réactions respiratoires : asthme, rhinite, conjonctivite, bronchite, toux chronique.
Réactions digestives : vomissements, régurgitations fréquentes et douloureuses, RGO (reflux gastro-oesophagien), coliques, ballonnements, gaz abondants, diarrhée ou constipation chroniques, selles glaireuses, sang dans les selles, malabsorption intestinale, perte de poids, retard de croissance, perte d'appétit, dégoût d'un aliment, anémie, carences (vitamines, oligoéléments, protéinique).
Réactions systémiques : choc anaphylactique (=vomissements, palpitation, difficulté à respirer, malaise et perte de connaissance), urticaire géant ou aiguë, œdème de Quincke.
Réactions diverses : migraines, pleurs intenses, troubles du comportement (nervosité, hyperactivité, insomnie, nonchalance, comportement de bébé aux besoins intenses), troubles psychologiques (autisme).

Principales réactions allergiques de type I – AFSSA (pages 10 à 13)
Photos d'urticaire
Un blog sur l'eczéma
Prise de poids des bébés allaités – OMS
Courbes de croissance des bébés allaités - OMS

Lors d'une réaction, plusieurs symptômes s'expriment souvent en même temps. Ils peuvent apparaître presque immédiatement après l'ingestion de l'aliment (quelques minutes à quelques heures) ou parfois plusieurs jours après. Ils peuvent être plus ou moins graves, brutaux, ou au contraire diffus et moins flagrant, en particulier en cas d'intolérance alimentaire, voire entraîner la mort (choc anaphylactique, des cas de mort subite du nourrisson ont été rapportés). Ils durent au moins pendant toute la durée de la digestion, c'est à dire plusieurs heures, jusqu'à plusieurs jours dans certaines formes d'allergie (allergies retardées de type III et IV).

Une toute petite quantité d'un aliment peut suffire à provoquer une réaction sévère. De manière générale, dans l'allergie plus on s'expose à l'allergène plus la réaction va s'amplifier et s'aggraver. Le traitement par éviction alimentaire de l'allergène est primordial.

A noter qu'un eczéma est toujours dû a une allergie alimentaire, en particulier au lait de vache, ou cutanée (réaction à une crème, un parfum, un savon, une lessive, un adoucissant ou un produit ménager).
Evolution des réactions allergiques en fonction de l'âge – AFSSA (page 24)


Les principaux allergènes de l'enfant



Chez l'enfant, 6 aliments (œuf, arachide, lait de vache, moutarde, poisson et noix diverses) sont responsables de la majorité des allergies alimentaires. Les allergènes d'origine animale sont plus fréquemment impliqués dans les allergies de l'enfance (53% des cas) et les allergènes végétaux dans celles de l'adulte (84% des cas). En cas de réaction alimentaire chez un bébé, il est judicieux de penser d'abord au lait de vache qui pose très souvent problème aux nourrissons.

Tous les aliments sont susceptibles de causer une réaction allergique. Cependant certains aliments sont beaucoup plus allergisants que d'autres. On les appelle allergènes majeurs (pages 18+32). Cette appellation n'a aucun rapport avec la gravité de la réaction allergique. Elle détermine seulement un risque plus élevé de se sensibiliser à ces aliments en particulier.
Allergènes majeurs dont l'étiquetage est obligatoire

On peut devenir allergique en consommant régulièrement un même aliment (allergie au riz fréquente au japon) ou à l'inverse en rencontrant pour la première fois un nouvel aliment (fruits exotiques).

Des aliments peuvent aussi déclencher une réaction allergique pas simple inhalation (lors de la cuisson d'un poisson, lors de l'épluchage d'un légume) ou par contact cutané (urticaire de contact au poisson, ceinture en cuir lors d'une allergie croisée lait de vache/viande de bœuf).

La cuisson ne détruit pas tous les allergènes. La plupart y résiste et sont dits thermostables (protéines de lait de vache, arachide, poisson, crevette, œuf). Le chauffage au delà de 100°C peut même conduire à augmenter l'allergénicité de certains aliments (arachide, noix de pécan).

Aujourd'hui, le nombre de certains allergènes, dits émergents, augmente de façon préoccupante. Ce sont principalement les épices (curry, paprika), les condiments (cayenne, carvi, coriandre), les fruits exotiques (kiwi, avocat, litchis, noix exotiques), les graines de sésame, le psyllium, les graines de tournesol et le lupin.



Familles d'allergènes et allergies croisées


Un aliment allergisant peut présenter des ressemblances chimiques avec d'autres aliments que l'on regroupe alors en famille d'allergènes. Voici quelques exemples de familles :
Groupe latex : avocat, banane, châtaigne, kiwi
Groupe noix (fruits à coques) : amande, noisette, noix, noix du Brésil, noix de cajou, noix de pécan, pignon, pistache
Légumineuses : arachide, soja, pois, haricots, lentilles, fèves, lupin
Ombellifères : aneth, carotte, céleri, coriandre, fenouil, graines d'anis, graines de carvi, persil
Rosacées/prunoïdées : abricot, cerise, fraise, framboise, pêche, poire, pomme, prune
Rutacées : citron, limette, mandarine, orange, pamplemousse
Principaux groupes d'aliments responsables d'allergie alimentaire (tableau II)

L'organisme de certaines personnes qui sécrète des IgE pas assez spécifiques, peut réagir avec plusieurs allergènes d'une même famille ou de familles différentes. On parle alors d'allergies croisées. Par exemple, une personne allergique à l'arachide peut l'être aussi au soja, même si elle n'en a jamais consommé auparavant.

Il existe des allergies croisées aliments-aliments, mais aussi aliments-latex et aliments–pneumallergènes (pomme/pollens de bouleau, syndrome porc/chat ou œuf/oiseau, crustacés/acariens). Ainsi un enfant ayant une allergie respiratoire (asthme) peut très bien déclarer par la suite une allergie alimentaire.
Plus d'informations sur les réactions croisées (pages 12+28)

Cette notion de famille est importante dans la mise en place d'un régime éviction, car il peut être nécessaire d'exclure l'ensemble des aliments d'une même famille pour voir disparaître les symptômes, en particulier en cas de réactions graves à un aliment.

Vous trouverez dans les fiches pratiques le détail des possibles allergies croisées.



Dépistage


Il n'y a pas de tests miracles pour déceler une allergie ou une intolérance alimentaire. Pour faire son diagnostique, l'allergologue se base sur tout un ensemble d'informations : surtout l'histoire clinique des symptômes (délais d'apparition, intensité, durée…), éventuellement un journal alimentaire et différents tests médicaux.

Un journal alimentaire se tient sur une période de plusieurs semaines. Il consiste à noter scrupuleusement la composition précise et détaillée des repas consommés quotidiennement et les réactions survenues dans un délai de 24h à 72h.

Les tests les plus couramment pratiqués sont les tests cutanés (Prick ou Patch tests), le dosage sanguin des IgE totales et des IgE spécifiques (RAST test) aux principaux allergènes. Mais l'interprétation de leurs résultats est complexe et ne permet pas toujours de faire la part des choses. D'abords parce qu'un test positif ne veut pas dire qu'il y a véritablement allergie (= réaction du corps avec expression de symptômes). Il fait simplement état d'une sensibilisation (= reconnaissance de l'allergène par le corps sans apparition de symptômes). De ce fait, il n'est pas rare d'obtenir des résultats qui ne semblent pas concorder avec l'existence de symptômes ("faux négatif", "faux positifs", dermographisme qui rend l'interprétation difficile), en particulier en cas d'atopie. Ensuite parce qu'ils permettent de diagnostiquer qu'une partie des allergies, principalement celles IgE médiées de type I, alors qu'il existe 4 types d'hypersensibilités différents. Quant aux intolérances, elles échappent complètement à ces tests là.

Il y a ensuite le test labial (cf. Tests de provocation) et le test de provocation orale (TPO). Ce sont les seuls tests capables de prouver une intolérance ou une allergie alimentaire, mais sans pour autant faire la différence entre les deux. Ces tests ne sont jamais réalisés en première intention car ils comportent un risque. Ils doivent être faits en hôpital sous surveillance médicale et ne sont pas pratiqués en cas de réactions sévères (anaphylaxie).
Plus d'informations sur le TPO

D'autres tests peuvent être proposés particulièrement à la recherche intolérances alimentaires : dosages sanguins des IgG et d'IgA spécifiques, fibroscopie, coloscopie à la recherche d'une atrophie des villosités intestinales, tests de perméabilité intestinale, test de tolérance au lactose, etc. Certains de ces tests ne sont pas toujours faciles à mettre en place (protocoles stricts, anesthésie…) et sont particulièrement invasifs pour le jeune enfant. De plus ils sont parfois coûteux et pas toujours intégralement pris en charge par la Sécurité Sociale.

Enfin il y a le test d'élimination alimentaire ou régime d'éviction. L'éviction d'un aliment associée à la disparition des symptômes est le moyen le plus fiable pour diagnostiquer une allergie ou une intolérance alimentaire. C'est en particulier le test privilégié pour dépister l'intolérance alimentaire. Il est relativement facile à mettre en place, sauf en cas de polysensibilisation (= sensibilisation à plusieurs aliments différents). Il peut aussi servir à isoler allergène responsable des réactions, en pratiquant une élimination puis une réintroduction aliment par aliment, uniquement dans les cas de réactions initiales pas trop sévères. Une fois que l'aliment a été identifié de cette manière, d'autres tests ne sont pas indispensables. Le régime éviction alimentaire est le traitement incontournable de toute allergie et intolérance alimentaires.

Même si les tests sont négatifs, mais que votre bébé continue à réagir suite à l'ingestion d'aliments, c'est qu'il existe belle et bien une allergie ou une intolérance alimentaire.

Diagnostic d'une allergie alimentaire de type I – AFSSA (page 13 à 16)
Plus d'information sur le diagnostic – AAIQ (chapitre H Diagnostique)
Plus d'information sur le diagnostic – FMC (paragraphe Démarche diagnostique)



Traitements


Il existe dans le cadre des allergies alimentaires, deux grands types de traitement :
Le traitement indispensable de toute allergie et intolérance alimentaires est le régime d'éviction. Il consiste à supprimer le ou les aliments responsables du régime alimentaire de la mère allaitante et du bébé diversifié. Il est à faire pendant toute la durée de l'allergie ou de l'intolérance. Les symptômes de gènes disparaissent alors entre 2 à 8 semaines selon les cas.
Dans les formes graves de réactions allergiques (choc anaphylactique, œdème de Quincke…) l'allergologue prescrit une trousse d'urgence que le patient doit en permanence garder sur lui. Elle peut être composée d'un stylo injecteur d'adrénaline (Anakit, Anapen), d'un corticoïde, d'un antihistaminique, d'un inhalateur broncho-dilatateur. D'une manière générale, ces traitements ont pour objectif principal de limiter certains effets secondaires de l'allergie mais ils ne peuvent se substituer au régime d'éviction.

Dans l'ensemble, ces médicaments (adrénaline, corticoïdes et antihistaminiques) sont compatibles avec l'allaitement, car ils présentent un très faible passage dans le lait maternel. Toute fois, il serait prudent de surveiller l'apparition d'éventuels effets secondaires chez son bébé. Vous trouverez tous les éléments en détail dans "Le coin du prescripteur" consultable auprès d'animatrices de la Leche League.
Coordonnées des animatrices LLL par département

Certaines réactions allergiques sont mortelles (choc anaphylactique). En cas de réaction grave, même après la disparition des symptômes de manière spontanée ou suite à la prise d'un traitement, la personne doit être emmenée à hôpital et mise en observation. Une récidive de la réaction se reproduit souvent plusieurs heures après une période d'accalmie.

Le traitement de l'allergie alimentaire par désensibilisation spécifique ne donne pas de résultat concluant, contrairement aux allergies respiratoires. Elle n'est plus proposée faute d'efficacité prouvée.

Plus d'informations - AFSSA (page 16)
Traitements et prévention de l'allergie - AAIQ (chapitre I traitement)
Plus d'informations sur la trousse d'urgence (paragraphe Traitement symptomatique)



Risques et prévention de l'allergie


Un enfant est considéré à risque d'allergie quand il a au moins un parent du 1er degré (père, mère, sœur ou frère) allergique. Ce risque est de 20% si l'un des parents est allergique, de 43% si les deux parents sont allergiques et atteint 72% si les deux parents ont les mêmes manifestations d'allergie.

La prévention de l'allergie commence dès la grossesse. Il est prouvé que le bébé peut être sensibilisé avant la naissance à un aliment consommé par sa mère. Les recommandations, selon l'ANAES, sont d'éviter de manger n'importe quel aliment en quantité excessive au cours de votre grossesse, particulièrement les denrées à base de lait de vache, d'arachide, de sésame, ainsi que les fruits secs. Durant la grossesse, il n'est pas recommandé de pratiquer un régime éviction dans un but préventif. Cette méthode est controversée et n'a pas fait ses preuves pour diminuer le risque de sensibilisation aux aliments.

L'allaitement a un rôle protecteur contre l'allergie. La majeure partie des études conclut à un impact protecteur de l'allaitement exclusif pendant les 4 premiers mois et il semble qu'on puisse diminuer l'incidence des manifestations atopiques (eczéma, asthme) si les enfants à risque sont nourris uniquement au lait maternel durant les 6 premiers mois de leur vie.
Plus d'informations sur le lait maternel - AFSSA (page 28)

Le choix d'une alimentation différente ("fait maison") pourrait limiter le risque de sensibilisation. Il est établi que la majorité des réactions allergiques surviennent après une consommation d'aliments préparés complexes (liste plus ou moins longue d'ingrédients, additifs alimentaires). La consommation de plus en plus fréquente de ces denrées issues de l'industrie agroalimentaire expose davantage les consommateurs, depuis quelques décennies, à des allergènes masqués. Ceci pourrait en partie expliquer l'augmentation du nombre d'allergies alimentaires.

Les probiotiques (Bifidobacterium bifidum, Lactobacillus acidohilus) qui influent sur la flore intestinale, pourraient jouer un rôle dans la prévention de l'allergie alimentaire. Ils ont déjà été utilisés pour traiter et prévenir l'intolérance au lactose et les maladies atopiques. On en trouve parfois directement ajoutés dans certaines denrées (yaourts au bifidus) ou sous forme de compléments (en pharmacies ou sur Internet). Attention, selon les marques, certaines compositions contiennent des additifs allergisants (lait de vache, soja). Leur utilisation est recommandée dès la grossesse, pendant l'allaitement et on peut même en donner directement aux nourrissons (très peu d'effets secondaires rapportés).



Régime d'éviction alimentaire



Définition du régime d'éviction


Le régime d'éviction alimentaire (ou régime hypoallergique) est le traitement de fond de toute allergie ou intolérance alimentaire. Il se met en place avec l'allergologue. Il consiste à supprimer de l'alimentation de la mère allaitante et/ou du bébé diversifié le ou les aliments suspectés ou déterminés responsables des réactions. En général, une amélioration de l'état de santé se fait sentir au bout de quelques jours à plusieurs semaines de régime selon le type d'allergène à exclure (cf. les fiches pratiques). Le régime d'éviction est à poursuivre tant que l'enfant réagit (souvent les 1er mois, voire les 1ère années de vie) à l'ingestion de ou des aliments concernés. L'éviction alimentaire peut aussi servir de test pour isoler l'aliment responsable de réactions qui ne sont pas trop sévères.
Guide de régimes d'éviction



Isoler l'aliment responsable


Éliminez d'abord un aliment précis, celui sur lequel vous avez des doutes, de votre alimentation pendant une quinzaine de jours et voyez si l'état de santé de votre bébé s'améliore. Si vous aviez dernièrement modifié quelque chose dans votre alimentation ou que vous aviez mangé en grande quantité un aliment, vous devriez supprimer cet aliment là en premier. Pensez également au lait de vache que vous consommez et qui pose souvent problème aux bébés. S'il n'y a aucune amélioration, essayez d'éliminer d'autres aliments (en priorité les allergènes majeurs) durant au moins 15 jours, un à la fois, et surveillez votre bébé pour voir si les gènes disparaissent. Si son état de santé semble s'améliorer quand vous avez éliminé plusieurs aliments, et seulement si les réactions initiales ne sont pas trop graves, essayer de réintroduire un aliment à la fois, en restant vigilante, afin d'isoler le responsable de la réaction.

En cas de doute, quand le responsable reste indéterminé, pensez en premier lieu au lait de vache et aux allergènes majeurs.

Si vous cuisinez par vous même vos repas (cf. Comment cuisiner ?), il sera plus facile de repérer l'aliment qui fait réagir votre bébé. La nourriture prête à l'emploi comporte, elle, souvent une trop grande variété d'ingrédients pour s'y retrouver.

Tenez un journal alimentaire, en y notant la composition exacte des repas journaliers et les réactions survenues dans un délai de 24 à 72h. Il vous permettra d'isoler plus facilement le ou les responsables. Avec cette méthode, en excluant seulement les aliments qui posent réellement problème, vous éviterez d'avoir à faire une éviction trop vaste et trop contraignante.



Régime strict ou pas ?


La mise en place d'un régime d'éviction se fait avec l'allergologue et se base sur les résultats des tests, mais surtout sur l'écoute de votre bébé pour déterminer son seuil de réactivité (= dose minimale d'aliment qui peut déclencher une réaction). Certains bébés réagissent à de très petites quantités ingérées.

Pour déterminer le seuil de tolérance, l'aliment est éliminé de l'alimentation de la mère qui allaite ou du bébé diversifié jusqu'à l'arrêt des symptômes. Ensuite on le réintroduit en commençant par de petites quantités jusqu'à la réapparition des symptômes. Ceci permet d'établir la quantité limite tolérée. Cette méthode est appliquée seulement pour des réactions pas trop sévères.

En fonction de ce seuil, vous devrez exclure de manière plus ou moins stricte l'aliment responsable et/ou toute la famille d'allergènes à laquelle il appartient et/ou ses allergènes croisés, jusqu'à ce que l'enfant ne réagisse plus. Dans le cas de symptômes graves (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire géant…) on pratique, en général et par mesure de précaution, d'entrée de jeu une éviction stricte.

Le soutien d'un nutritionniste ou d'un diététicien peut être utile, particulièrement en cas de polyallergies ou polyintolérances (= sensibilisation à plusieurs aliments), pour éviter les risques de déséquilibre alimentaire et de carences. Il est parfois nécessaire de supplémenter en vitamines et oligoéléments.

Rien ne vous empêche, sauf s'il s'agit de symptômes graves, d'y aller à tâtons en durcissant ou assouplissant l'éviction pour trouver le juste équilibre entre contraintes alimentaires et bonne santé du bébé. N'oubliez pas que votre petit bébé grandit très vite et que le régime d'éviction ne sera peut-être pas à faire très longtemps. Certaines allergies et intolérances alimentaires disparaissent au fur et à mesure que la maturité digestive du bébé se développe (souvent avant 3 ans).



Réintroduction d'un aliment


La réintroduction d'un aliment se fait seulement et seulement si l'état de santé du bébé s'est amélioré et que les symptômes ont disparu. Au bout de plusieurs mois d'éviction, souvent une année, l'allergologue peut alors proposer de réintroduire l'aliment. Le principe est d'exposer très progressivement le bébé à de petites quantités.

Dans le cas de réactions pas trop sévères, on peut réintroduire d'abord l'aliment dans l'alimentation de la mère allaitante (il n'apparaitra ainsi que sous forme de traces dans le lait maternel), puis dans celle du bébé diversifié si tout se passe bien. Il faut y aller pas à pas, en lui en donnant d'abord occasionnellement, puis s'il est bien toléré en le proposant plus souvent et en augmentant peu à peu la quantité sur plusieurs semaines. Si toutefois des symptômes réapparaissent, bien souvent il suffit de revenir une étape en arrière en en donnant moins souvent ou en moindre quantité, voire ré-exclure temporairement l'aliment.

Dans les cas de réactions sévères (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire géant…) la réintroduction d'un aliment doit toujours se faire sous surveillance en milieu hospitalier suivant un protocole particulier.
Test de provocation orale



En cas d'échec de l'éviction


Si les symptômes ne disparaissent pas totalement ou en cas d'échec du régime d'éviction, ne vous découragez pas et pensez à :
Faire un régime d'éviction plus strict en éliminant véritablement toute trace de l'allergène et en traquant les aliments cachés présents dans les denrées commercialisées (plats prêts à l'emploi, additifs…) et certains médicaments.
L'existence d'une polyallergie ou polyintolérance (= sensibilisation à plusieurs aliments) ou d'une réaction croisée à d'autres allergènes (végétaux ou animaux) qui n'ont pas été identifiées.
Un contact avec l'allergène par d'autres voies : inhalation ou contact cutané (cosmétiques, dentifrices…).
D'autres facteurs favorisants l'intolérance ou l'allergie (irritants, alcool, aspirine…).



Comment cuisiner ?


Cuisinez par vous même avec des aliments frais et non transformé (un steak plutôt qu'une viande hachée, un fruit frais plutôt qu'une compote où il peut y avoir des additifs). Vous saurez ainsi exactement ce qui compose vos repas et en cas de réaction il sera plus facile d'isoler l'aliment responsable.

Passez-vous des plats prêts à l'emploi, qui comportent une trop grande variété d'ingrédients, dont souvent des allergènes majeurs. Vous éviterez ainsi une possible confrontation avec l'allergène. Voyez le bon côté des choses, avec ce type de régime vous retrouverez aussi une alimentation plus saine, des goûts originaux et authentiques.

Dans certains cas, le recours à des aliments biologiques est à privilégier chez certains bébés très sensibles, intolérants aux additifs (conservateurs, colorants, sulfites) ou aux produits chimiques (pesticides sur les fruits) ou à des traces d'aliments cachés. A défaut, une cuisine maison à base d'aliments frais sans l'usage de conserves ni de denrées prêtes à l'emploi limite déjà sérieusement le risque de réactions.

Cuisiner le même repas pour toute la famille est moins contraignant que de faire des menus "sans" individuels. Remplacer l'aliment exclu n'étant pas toujours possible, il est souvent mieux vécu de rompre ses habitudes pour découvrir de nouveaux aliments (cf. les idées de substituts dans les fiches pratiques). Un tas d'astuces sont également délivrées dans des sites ou forums spécialisés.

Faites-vous aider. Vous pouvez consulter un diététicien ou un nutritionniste pour l'élaboration de menus appétissants et pour palier à d'éventuelles carences dues à l'éviction. Déléguez les tâches matérielles, car la préparation de repas sur mesure est une charge de travail supplémentaire et quotidienne. A noter que toute mère peut bénéficier d'une aide ménagère prise en charge par la CAF (sous condition de ressources) les 3 premiers mois après la naissance.



Aliments de substitution


Il existe une gamme de denrées alimentaires qui permet de substituer l'aliment éliminé. On peut les trouver en magasins biologiques, sur Internet et dans certains rayons diététiques de grandes surfaces. En faisant des recherches sur Internet, on trouve toute une variété de sites de recettes "sans". Certains sites proposent même une sélection des recettes par type d'ingrédients à éviter.

Il n'est pas toujours possible de remplacer et il y a certains aliments qu'on ne peut pas substituer complètement. Mieux vaut détourner le problème en découvrant d'autres aliments et d'autres astuces culinaires (cf. les idées de substituts dans les fiches pratiques).

Voici déjà quelques sites :
Biogourmand : Valérie Cupillard est l'auteur de plusieurs livres de recettes sans lait, gluten, oeufs.
Diététique Pratique : Sélectionnez votre éviction et consultez des recettes qui y correspondent.
La Belle au Blé Dormant : Un blog avec des recettes sans gluten.
Papilles et Pupilles : Le site de recettes pour allergiques. Un énorme choix de recettes "sans".
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Recettes pour allergiques : des recettes "sans" par la maman d'un enfant poly-allergique.
AlterAfrica : Vente en ligne de produits bio et commerce équitable.
Schaer : Vente en ligne de produits sans gluten.
Glutenor : Vente en ligne de produits sans gluten.

Et aussi quelques livres :
"Recettes gourmandes personnes sensibles" d'Eva Claire Pasquier
"Sans lait, sans œufs" et "Sans gluten" de Valérie Cupillard
"120 Recettes sans gluten ni laitage" de Marion Kaplan



Étiquetage des denrées commercialisées


Les individus les plus sensibles régissant à d'infimes traces doivent avoir une grande méfiance vis à vis des denrées du commerce :

Parce que les allergènes majeurs (blé, lait, œuf), qui sont la base de notre alimentation occidentale, sont très largement utilisés dans la préparation des denrées commercialisées.?Allergènes majeurs dont l'étiquetage est obligatoire

Parce qu'il y a une multitude d'additifs ajoutés, eux-mêmes pouvant être fabriqués à partir d'allergènes majeurs, dont leur composition est difficile à établir (ex. le support des arômes et des vitamines est très souvent issu du blé ou du maïs).?Rôle et risque allergique des additifs alimentaires?Liste rouge des additifs alimentaires dangereux?Répertoire de tous les additifs alimentaires

Parce que les procédés de fabrication et de stockage, n'excluent pas la possible contamination d'un aliment par un autre (résidus d'huile utilisée pour lubrifier un moule, chaîne de fabrication servant à la production de différentes céréales, cuves qui servent alternativement à la fabrication de différents produits) ou la présence d'un aliment caché.?AFSSA (page 30+31+56+58)

Parce que la recette d'une denrées alimentaire peut varier (changement de fournisseur de matière première, changements d'ingrédients, remplacement d'amande par des cacahuètes qui sont beaucoup moins chères, chair de crabe remplacée par de la chair de poisson surimi) sans que l'étiquette soit modifiée.

Parce que la réglementation de l'étiquetage (directive européenne 2000/13/CE) n'est pas assez précise et qu'elle prévoit, par exemple, une dérogation d'étiquetage pour certains ingrédients qui interviennent en très faible quantité (- de 5% depuis 2005) : cacao, chocolat, miel, certains sucres, jus de fruits, certains laits de conserve partiellement ou totalement déshydratés, extraits de café et de chicorée, confitures, marmelades de fruits et crèmes de marrons, les vins et spiritueux, préparations de sauces et de moutarde, mélanges d'épices ou de plantes aromatiques, enrobages à base de gluten pour les fruits et légumes.?D'autres aliments sont eux directement dispensés d'étiquetage : les fruits et légumes frais, les eaux gazéifiées, les vinaigres de fermentation si pas d'adjonction d'autre ingrédient, les vins, les fromages, beurre, laits et crèmes fermentés si pas d'adjonction autre que produits lactés, enzymes ou cultures de micro-organismes, les produits ou aliments constitués d'un seul ingrédient.?AFSSA (pages 58+56)

Parce que certaines annotations comme "peut contenir des traces de" ou "fabriqué dans un atelier qui utilise" ou "présence éventuelle de", ont été mises en place à l'initiative des entreprises du secteur agroalimentaire en dehors de toute législation, et ne permettent pas d'avoir une information plus précise.?Allergies alimentaires et étiquetage de précaution (pages 9+58)

Parce que des dérivés d'allergènes majeurs mentionnés "sans" (amidon sans gluten) peuvent quand même faire réagir les plus sensibles, en particulier en cas d'intolérance alimentaire aigüe. Ils peuvent contenir des traces allergisantes de par leur procédé de fabrication (lactose comportant des traces de protéines de lait de vache, maltodextrines et dextrose de blé avec traces de gluten).

Parce que les OGM (Organisme Génétiquement Modifié) peuvent induire des réactions allergiques chez certains individus (exemple du soja transgénique qui contenait un des allergènes de la noix de cajou). Les OGM font l'objet d'une "veille allergique".?OGM et allergie alimentaire - AFSSA (page 48)?Le point sur les OGM

Conseils aux personnes hypersensibles :
Lisez toutes les étiquettes de ce que vous allez ingérer (aliments, médicaments, cosmétiques comme le dentifrice par exemple) à la recherche des aliments ou des additifs qui vous font réagir (cf. les fiches pratiques).
N'achetez pas si vous avez un doute sur l'étiquetage ou s'il est imprécis. Appelez les services consommateur pour obtenir des renseignements complémentaires.
Évitez de consommer des plats prêts à l'emploi et autres denrées de l'industrie agroalimentaire. Ils contiennent souvent des ingrédients trop nombreux, dont des allergènes potentiels.
Privilégiez plutôt les denrées avec peu d'ingrédients ou à ingrédient unique (jus de fruit 100% fruits, sans arômes ni vitamines; du sucre 100% sucre plutôt que du sucre colorisé, caramélisé, voire aromatisé parfois à base de blé; une huile végétale simple plutôt qu'une margarine composée d'une variété d'huiles dont des ingrédients à base de lait).
Cuisinez au maximum par vous même avec des aliments frais et non transformés. Vous pourrez ainsi mieux contrôler ce qui compose vos repas et éviter le risque d'exposition à des allergènes cachés.

Norme générale de l'étiquetage
Évolution de la réglementation de l'étiquetage
Comment lire les étiquettes
Décrypter les pièges des étiquettes
Allergènes majeurs dont l'étiquetage est obligatoire (décret 2008)
Allergies alimentaires et étiquetage de précaution
Le site du Codex Alimentarius



Exipients allergisants des médicaments


Les médicaments allopathiques contiennent très souvent des excipients à base de blé (amidon, maltodextrines), maïs (maltodextrines), lactose ou soja. Bien qu'en infimes quantités, ils peuvent parfois suffire à déclencher des allergies ou des intolérances alimentaires. Les excipients présents dans les vitamines D et K données aux nourrissons peuvent aussi engendrer des réactions. Les médicaments injectables (= ampoules prévues pour être injectées) sont à privilégier car ils comportent moins d'excipient que les cachets et gélules. On peut les boire simplement dilués dans de l'eau.

Les médecines douces (homéopathie, phytothérapie et aromathérapie) peuvent être de bonnes alternatives à l'allopathie. A noter toutefois qu'il y a du lactose dans les granules homéopathiques, qui suffit parfois à faire réagir certains bébés intolérant au lactose. On peut obtenir tout traitement homéopathique sous forme de gouttes aqueuses, sur simple demande au pharmacien.

D'autre part le lactose fabriqué à partir du lait de vache, pourrait contenir des traces de protéines de lait de vache et ainsi provoquer des réactions indésirables chez les bébés allergique aux protéines de lait de vache ou intolérant aux protéines de lait de vache.

Certains vaccins sont fabriqués sur des souches d'œuf et peuvent causer des réactions chez l'enfant allergique à l'œuf. La vaccination reste possible dans certains cas, en fonction du vaccin et du degré de réaction de l'enfant. Discutez-en avec votre médecin.



L'alimentation du bébé allergique



Le lait maternel


Le lait maternel est l'aliment adapté au nourrisson. Il est prévu en tout point pour subvenir à ses besoins (énergie, croissance, développement cognitif et immunitaire…). Il est recommandé par l'Organisation Mondiale de la Santé d'allaiter exclusivement 6 mois au sein, surtout en cas d'allergie.
Pour en savoir plus - AFSSA (page 28)

Votre bébé ne peut pas être allergique au lait maternel proprement dit. Il peut en revanche être allergique à la très faible quantité de protéines "étrangères" provenant de votre alimentation et qui passent dans votre lait. L'allaitement peut être poursuivit avec un régime d'éviction de l'aliment allergisant. Bien souvent, une simple élimination des produits laitiers règle le problème.

Il n'est absolument pas nécessaire d'arrêter l'allaitement lorsqu'on a un bébé allergique ou intolérant alimentaire. Bien au contraire il est conseillé d'allaiter le plus longtemps possible en pratiquant un régime d'éviction.

Votre lait est plus qu'un simple aliment. Le lait maternel a un rôle protecteur contre les maladies, bien utile pour le bébé déjà fragilisé par l'allergie. Il réduit aussi le risque d'allergie (eczéma, asthme, maladie cœliaque). De plus, l'action de téter apporte un réconfort souvent immédiat au bébé qui souffre (reflux, coliques, eczéma…).

Le lait maternel peut aussi être utilisé en soin local, après avoir été exprimé (manuellement ou avec un tire-lait), contre une conjonctivite, un érythème fessier, pour soulager un eczéma, instillé dans l'oreille ou encore pour déboucher le nez encombré par une rhinite, tous ces symptômes mêmes qui peuvent justement découler d'une allergie ou d'une intolérance alimentaire.
Exemples concrets d'usage du lait maternel en soin

D'autre part, l'allaitement prépare votre nourrisson à l'alimentation solide en laissant passer des molécules de ce que vous avez mangé dans votre lait. C'est une manière de prévenir l'allergie en exposant, pour l'habituer, l'organisme de votre bébé à d'infimes traces d'aliments. Le lait maternel change aussi de composition et de saveur en fonction de vos derniers repas. C'est un aliment vivant, composé d'une multitude de nutriments et de vitamines.

Le recours au lait maternel est parfois la seule solution pour des bébés très allergiques au lait de vache et autres préparations pour nourrisson. Même pour des mères ayant fait le choix de ne pas allaiter, il est toujours possible de commencer l'allaitement (relactation) plusieurs mois après l'accouchement.

Il n'existe que de très rares cas (maladies métaboliques rares : déficience primaire totale en lactase, galactosémie, phénylcétonurie...) où le lait maternel est déconseillé.
Raisons médicales acceptables pour donner des compléments aux nourrissons allaités



Les laits artificiels


Les laits artificiels tentent d'imiter la composition du lait maternel. Ils sont fabriqués industriellement à base principalement de lait de vache ou de soja. Ils contiennent en plus une grande variété d'ingrédients et d'additifs qui peuvent être allergisants (huiles végétales, dérivés de céréales…). Un seul biberon de lait artificiel peut déclencher une réaction allergique chez les bébés sujets aux allergies. Chez le bébé allergique ou intolérant au lait de vache, l'usage du lait artificiel est déconseillé. Mais lorsqu'on ne peut pas faire autrement (compléments, allaitement mixte , allaitement au DAL …), il existe des laits spéciaux détaillés dans le paragraphe suivant (III3).
Les différents types de laits infantiles
Composition des laits infantiles
Choix du lait et conséquences sur la santé selon le Dr. Marie Thirion



Laits artificiels pour bébés allergiques au lait de vache


Le choix de laits artificiels spécifiques pour bébé allergique ou intolérant au lait de vache doit se faire avec un médecin ou un allergologue. Ils coûtent chers et ont très mauvais goût, ce qui fait qu'ils ne sont pas toujours bien acceptés par le bébé.

"En prévention de l'allergie au lait de vache (et non pas quand l'allergie est avérée), lorsqu'il existe des antécédents familiaux d'atopie, outre le rôle incontournable de l'allaitement maternel, on peut alimenter le nouveau né avec des laits hypoallergéniques. Les laits hypoallergéniques dits «HA» sont des laits à protéines faiblement hydrolysées dont l'effet préventif a été démontré dans plusieurs études sous réserve qu'ils soient utilisés chez des enfants à risques pendant une durée d'au moins 4 mois et de façon exclusive. Cette hydrolyse des protéines permet de casser les molécules et les épitopes allergéniques. Pourtant, des réactions anaphylactiques à ces produits sont décrites.

Ces laits hypoallergéniques ne doivent pas être confondus avec les hydrolysats de protéines qui correspondent à des formules dont les protéines sont extensivement hydrolysées et qui sont utilisées exclusivement chez des enfants ayant une allergie aux protéines de lait de vache avérée. Ces hydrolysats sont donc utilisés dans des buts curatifs alors que les laits hypoallergéniques sont utilisés dans des buts préventifs.

Enfin, il existe des laits artificiels ne contenant aucune protéine. Il s'agit de produits à base d'acide aminés libres (Néocate° ), utilisés actuellement en deuxième intention après les hydrolysats de protéines conventionnels."
Extrait de : AFFSA (page 36)

Les laits artificiels sans lactose prescrits en cas d'intolérance au lactose, sont fabriqués à base de lait de vache dont généralement seule la fraction glucidique est modifiée. Le lactose du lait est remplacé par des sucres facilement assimilables: le glucose ou le dextrine-maltose.

Les laits de soja sont dépourvus de lactose et de protéines de lait. La Société Francise de Pédiatrie déconseille leur usage, que l'enfant soit à risque allergique ou non car il existe un risque important d'allergie croisée entre soja et lait de vache. En cas d'allergie avérée au lait de vache, en France, on préfère utiliser en première intention un hydrolysat de protéines. Cependant, après l'âge de 6 mois, les laits de soja peuvent êtres utilisés dans certains cas d'allergie aux protéines de lait de vache IgE médiée de type I, mais uniquement après la réalisation d'un test de tolérance aux protéines de soja.
Les différents types de laits infantiles
Composition des laits infantiles



Les autres laits animaux


Le lait de vache est particulièrement indigeste pour le nourrisson, quand il ne déclenche pas d'allergie. Il contient beaucoup de protéines trop grosses pour être bien digérées (caséine, alpha-lactalbumine, bêta-lactoglobuline). Il est en général mieux toléré sous forme fermentée (faisselle, yaourts et fromages).
Plutôt que de donner des laits artificiels qui peuvent engendrer des allergies de par leur composition variée, certaines mères font le choix, par exemple lors de la reprise du travail, de proposer à leur bébé du lait de vache entier. Cela est possible dès l'âge de 6 mois, chez un bébé toujours allaité et bien diversifié, dans la mesure où il n'est pas lui-même allergique ou intolérant au lait de vache. Mais en fait, si le bébé a toujours accès librement au sein ("à la demande") lorsque sa mère est là, aucun autre lait que le lait maternel n'est nécessaire.
Lait maternel, lait de vache, travail et biberon

Les laits de chèvre et de brebis sont souvent mieux tolérés et plus digestes que le lait de vache. Toutefois, ils peuvent être responsables d'allergie croisée chez le bébé déjà allergique au lait de vache.

Le lait de jument ou d'ânesse est celui qui se rapproche le plus du lait maternel, par sa composition. Il est particulièrement indiqué pour les bébés les plus sensibles (propriétés stimulantes sur la flore intestinale) mais reste cher et difficile à trouver.
Jumvital : Vente en ligne de lait de jument



Les "laits" végétaux


"Peut-on échapper aux laits animaux en donnant au bébé des « laits » végétaux (amande, noisette, châtaigne, riz, avoine…) ?

Il faut savoir que ces « laits » (qui ne sont pas des laits mais des jus, et n'ont d'ailleurs pas le droit de s'intituler ainsi) n'ont absolument rien à voir avec les laits animaux. Ils sont beaucoup plus pauvres en protéines (et des protéines très différentes des protéines animales) et beaucoup plus riches en glucides. L'alimentation d'un nourrisson avec uniquement des « laits » végétaux induit habituellement un kwashiorkor (marasme par carence protéique) accompagné de troubles liés à la surcharge glucidique.

D'autre part, les fruits à coques sont des allergènes potentiels, donc mieux vaut ne pas les utiliser avant 6 mois. Quant aux « laits » de céréales à gluten (blé, avoine, orge, seigle…), mieux vaut les éviter également avant 5 ou 6 mois, car ils peuvent favoriser une intolérance au gluten, comme les céréales en question.

Pris ponctuellement en petite quantité et si possible pas les premiers mois, ces « laits » sont sans doute utilisables. Mais en aucun cas ils ne peuvent constituer la seule alimentation d'un nourrisson.

On peut minimiser – mais non supprimer – le problème en en mélangeant plusieurs ou en utilisant un produit constitué de plusieurs laits différents (et éventuellement enrichi), car cela permet aux protéines d'être mieux absorbées."
Extrait du livre : "Maman bio" de Claude Didierjean-Jouveau et Martine Laganier-éditeur Eyrolles



Où trouver du calcium ailleurs que dans le lait ?


Le lait de vache est une bonne source de calcium mais c'est aussi un allergène très fréquent.

Dans le cadre d'un régime d'éviction des produits laitiers, la mère peut trouver du calcium dans d'autres aliments en les consommant régulièrement et en quantité suffisante. Par exemple : les choux verts (brocoli, chou frisé, chou chinois…), les légumes à feuilles vertes (épinard, cresson…), les légumineuses (lentilles, soja), les fruits secs (figues, dattes…), les oléagineux (amande et sésame complets…), les céréales, les algues, les poissons (sardines ou saumon avec leurs arrêtes) et coquillages, les eaux minérales.
Les sources végétales de calcium

Les besoins en calcium de l'enfant sont toute fois plus importants que ceux des adultes. Tant qu'il est allaité, il n'y a pas de risque de carence en calcium. Pour l'enfant sevré et allergique au lait de vache et/ou aux autres laits animaux, le médecin peut proposer un apport en calcium complémentaire par médicamentation.

A noter que le calcium sous forme de compléments alimentaires (cachet, gélule…) est très souvent issu du lait de vache et peut causer des réactions chez des personnes particulièrement sensibles. Une alternative intéressante et peu coûteuse, est le carbonate de calcium vendu en vrac en pharmacie (poudre qui sert habituellement de base pour fabriquer des comprimés).



Diversification alimentaire du bébé allergique


La diversification précoce (avant 4 mois) pourrait expliquer en partie l'augmentation des allergies alimentaires et multiplie par 3 le risque d'eczéma.

En cas de suspicion ou d'antécédents d'allergie alimentaire dans la famille, en particulier d'atopie, il est conseillé :
De repousser le début de la diversification après 6 mois et jusqu'à 1 an chez certains bébés très sensibles. Le lait maternel reste un aliment complet durant 1 an environ, avec parfois le recours à une complémentation en fer et en zinc (seules carences qui peuvent être induites par un allaitement exclusif au delà de 6 mois).
D'introduire 1 seul aliment nouveau à la fois sur une période de 4 à 7 jours et d'observer les réactions (tenir un journal alimentaire). Le cas échéant, exclure temporairement l'aliment plusieurs mois, avant de tenter de le réintroduire. Attendre que l'état de santé de votre bébé se soit amélioré et stabilisé avant de proposer un nouvel aliment.
D'éviter les allergènes majeurs (œuf, lait, arachide, blé…).
Ne pas forcer à manger, ne pas imposer d'aliments particuliers, ni de quantité. Progresser pas à pas au rythme du bébé. Ecouter et respecter ses signes de dégoût d'un aliment.
Cuisiner par vous-même avec des aliments simples pour pouvoir isoler plus facilement l'allergène, au lieu d'utiliser des préparations pour bébé composées d'un trop grand nombre d'ingrédients (dont parfois des allergènes majeurs).

Il existe des tableaux d'introduction alimentaire mentionnant le type d'aliments à proposer en fonction de l'âge du bébé. Malheureusement, on trouve tout et son contraire. Ce qui est important, c'est d'écouter votre bébé et de vous fier à sa capacité de tolérer ou non un aliment.



Le Projet d'Accueil Individualisé (PAI) pour enfants scolarisés


Le Projet d'Accueil Individualisé (PAI) est un dossier administratif (circulaire n°93-248 du 22 juillet 1993 et circulaire n° 99-181 du 10 novembre 1999), mis au point conjointement par le médecin, la famille et le directeur de l'établissement. Il se fait à la demande des parents, mais bien souvent il est suggéré par le médecin scolaire ou le médecin traitant. Il permet d'organiser les modalités particulières de vie à l'école et fixe les conditions d'intervention (repas adaptés, médicaments à administrer, sorties organisées...) de l'enfant allergique ou intolérant.
PAI et scolarisation de l'enfant allergique – AFSSA (page 68+31+76)
Tout savoir sur le PAI
Modèle de PAI
Gérer l'enfant anaphylactique à l'école (exemple Canadien)



Fiches pratiques



L'allergie aux protéines de lait de vache


Sources :
AFSSA "État des lieux des allergies alimentaires" 2002
L'allergie alimentaire chez le nourrisson et l'enfant
Allergie alimentaire et digestive (Dr. André Caron)

Définition
L'allergie au lait de vache est une réaction du système immunitaire (hypersensibilité IgE médiée) qui se rebelle contre les protéines du lait de vache. Elle est principalement causée par une immaturité du système digestif. Elle est donc tes fréquente au tout début de la vie, particulièrement chez le nourrisson souffrant de dermatite atopique, avant que les mécanismes de maturation et d'adaptation n'agissent sur la barrière intestinale. Elle apparaît dans les 3 premiers mois de vie et guérit souvent avant l'âge de 3 ans. Par ailleurs, les enfants ayant souffert d'allergies au lait avant l'âge d'un an peuvent garder certaines séquelles comme une croissance moindre et la persistance de symptômes gastro-intestinaux suite à l'absorption de produits laitiers. L'APLV pourrait être définitive dans 20% des cas. C'est une allergie très fréquente chez le nourrisson (3ème allergie la plus souvent rencontrée après l'œuf et l'arachide). Le risque d'APLV pour l'enfant est doublé si les deux parents sont eux-mêmes atopiques).

Symptômes
L'allergie aux protéines du lait de vache se manifeste par des réactions aiguës et immédiates. Elles se déclarent de quelques minutes à quelques heures après la consommation de lait de vache. Chez l'enfant, les symptômes sont le plus souvent digestifs (vomissement, diarrhée, sang dans les selles), respiratoires (asthme, toux chronique), cutanés (urticaire




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